Le comité consultatif selon Jean-Yves Sarazin

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Jean-Yves Sarazin est un fervent ambassadeur du comité consultatif.  Son entreprise fut le sujet d’une étude de cas reprise par les journaux et publiée sur notre site en avril dernier.

À la lecture de l’article, je désirais rencontrer ce chef d’entreprise visionnaire avec une si belle ouverture d’esprit. Bien entendu je l’ai retrouvé et nous avons pris un moment pour discuter de son expérience avec le comité consultatif.

Il commence par expliquer la différence entre le Conseil d’administration (CA) et le Comité consultatif (CC).

Une PME n’a pas besoin d’un conseil d’administration, mais d’un comité aviseur ; un comité consultatif. Un CA représente les actionnaires de la compagnie. Les  membres d’un CA ont un pouvoir décisionnel et sont responsables légalement de tout ce que fait l’entreprise. Les membres d’un CC n’encourent aucune responsabilité légale. Ils agissent en tant qu’experts-conseils. Il revient à la direction d’entreprise de les écouter ou non, et de mettre en œuvre ou non les décisions qui découlent de leurs recommandations.

Le but du CC est d’aider à valider les décisions qui doivent être prises. Ils sont là comme guides et non pas comme dirigeants. Le rapport professionnel est pareil pour le CC ou le CA et les réunions, sont toutes aussi structurées. Les membres doivent être préparés pour les réunions, alimenter les discussions et  «challenger» les idées préconçues.

Jean-Yves souligne, l’importance de distinguer entre un consultant qui a la réponse à un problème et le dirigeant qui a l’expérience de toute la complexité que comporte une situation. Comment peut-on partager un vécu qu’on n’a pas? Si j’ai un problème de marketing, même si la personne autour de la table a beaucoup d’expérience en marketing, ce n’est pas elle qui résoudra le problème. Par contre, elle devrait pouvoir me recommander un cabinet-conseil capable de m’aider. Le CC est stratégique il ne règle pas les problèmes au quotidien.

Chaque entreprise a des besoins différents et il ne voit pas l’utilité de tomber dans de formules toutes faites. Un juriste, un comptable, un … Le dirigeant devrait déjà avoir ses ressources en place. Les membres de son comité sont là pour «challenger» les propositions des consultants et autres professionnels au service de l’entreprise.  Jean-Yves suggère composer son comité d’autres chefs d’entreprise ou de professionnels chevronnés qui ont réussi à franchir des paliers de croissance critiques à la réussite de leurs propres entreprises.

Un comité consultatif ne sert pas uniquement à analyser des chiffres, il est là pour la vision stratégique. Il faut trouver l’équilibre entre l’utilisation des chiffres et les autres objectifs à atteindre.

Il préconise un CC qui  se réunit cinq fois par année : une réunion tous les trois mois et une réunion spéciale une fois par année. Selon Jean-Yves, le CC doit se réunir au minimum quatre fois par année quelle que soit la taille de l’entreprise.

Il n’est pas rare que le PDG d’une PME règle personnellement et dans les moindres détails la gestion courante de son entreprise, ce qui risque de lui fait perdre, à long terme, une vision plus globale. Isolé, il tend à diriger tout personnellement plutôt que de discuter avec ses cadres d’avenues possibles, et ce, même s’il n’a pas toujours la compétence pour le faire.

C’est pourquoi, selon l’avis de Jean-Yves Sarazin, la formation d’un CC permet aux entrepreneurs de sortir de leur isolement et d’avoir ainsi un auditoire avec lequel ils peuvent valider leurs orientations. Un CC permet aussi de se remettre constamment en question en tant que dirigeant d’entreprise.

Maintenant à la retraite Jean-Yves siège à plusieurs CC dont celui de son ancienne entreprise le groupe Delom.  La récompense de faire partie d’un CC n’est pas dans la paie; on ne le fait pas pour elle. Les honoraires sont là pour apporter un petit peu de sérieux de la part des gens qui participent, pour que ce ne soit pas un club de rencontres sociales. La récompense est réellement le sentiment d’apporter quelque chose, d’aider, comme ta mission sociale, ton engagement à transférer aux autres ce que tu as eu la chance d’apprendre.

Jean-Yves Sarazin continu à partager son expérience au sein du Groupement des Chefs d’entreprises, une organisation dont il fut président du conseil de 1999 à 2001.  Il est aussi conférencier au Collège d’administrateurs de sociétés de l’Université de Laval.

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